Musclez votre voix





Connaissez-vous de bons orateurs avec une voix inaudible ou des leaders avec une voix chevrotante ? Avant d’être une affaire de mots, la communication orale est avant tout une affaire de voix. La voix est le premier instrument de l’orateur, elle participe à former votre image et donne du corps à votre discours. Une voix calme qui porte transmet une impression de force et du sérieux, inspire confiance et admiration. Parlons-en !


Parler devant un public c’est comme jouer au tennis. La puissance des coups au tennis et l'effet donné à la balle proviennent de l'accélération de la tête de raquette lors de la frappe. Pourtant, utiliser uniquement son bras reste une erreur fréquente : une forte sollicitation du biceps et de l'avant-bras limite la puissance du coup, entraîne une fatigue musculaire accélérée et un risque de blessure. Pour optimiser l'effort au maximum le corps tout entier doit participer au mouvement : le plus souvent il commence avec une poussée des jambes, suivie d'une rotation du tronc. L’épaule, le bras, le coude et le poignet ne font que prolonger ce mouvement.


Pour la voix c’est la même chose. La voix, c'est d'abord de la respiration et pour que la voix porte loin, il faut utiliser tout le corps. En effet, plus de 300 muscles interviennent dans la production du son, les cordes vocales ne sont qu'un passage. Pour le comprendre imaginez une « colonne d'air » qui prendrait naissance dans le bas du ventre, au niveau du périnée, pour le relier aux résonateurs du visage qui sont les joues, le palais, les dents, la mâchoire, le nez et le front. Travailler sa voix signifie prendre sa respiration en bas de cette « colonne d’air », comme si on s'enfonçait dans le sol, et propulser cet air de bas en haut, comme le ferait un piston dans un moteur. Cette respiration demande de contracter toute la ceinture abdominale pour réguler la pression et le débit de l’air envoyé et donc, contrôler sa production vocale. Voilà que l’expression « parler avec ses tripes » prend tout son sens.


Améliorer votre respiration et votre prise de parole en public

La voix est le premier instrument de l’orateur. Travailler sa voix est un travail de longue haleine. Il faudra travailler sur la vibration et la résonance du corps, ce qui vous donnera une plus grande aisance et une plus grande liberté d’expression. Et pour vous aider à commencer ce travail, voici 5 principes à respecter pour améliorer votre respiration, et donc, votre voix et votre prise de parole en public. Pour mieux maîtriser les techniques, documentez-vous ou faites-vous aider par un coach vocal. 


1. Échauffez-vous 

Une préparation corporelle est indispensable avant d’utiliser votre voix. Faites quelques exercices pour éliminer des tensions parasites : effectuez des rotations avec les épaules et la tête, étirez les muscles du cou, la nuque et le haut du dos, le dos et le thorax, massez votre nuque et vos trapèzes. 


2. Contrôlez votre posture 

La voix a besoin d'une assise stable : pensez à la colonne d'air ! Ne vous tenez pas voûté ou avachi pour ne pas étouffer les sons. Veillez au bon alignement et à la bonne verticalité du corps : ancrage au sol, épaules basses, dos droit, pieds à plat.


3. Respirez avec le ventre

Placez-vous debout, jambes tendues, et penchez-vous légèrement vers l'avant, sans forcer, tête et épaules relâchées. Posez une main sur votre ventre pour bien ressentir ses mouvements. Imaginez que votre ventre est une cabine d'ascenseur qui monte et qui descend. A l’inspiration, gardez votre thorax plat et gonflez votre ventre comme pour faire descendre la cabine d'ascenseur le plus bas possible. A l’expiration, laissez toujours votre thorax plat et remontez le ventre en le creusant, comme si la cabine allait remonter jusqu'au-dessus du dos. Une fois l'exercice assimilé, il peut aussi être pratiqué en position assise ou allongée.


4. Détendez-vous

Les contractions musculaires interfèrent avec votre mécanique vocale, tandis qu’un corps détendu se traduit par une voix et une attitude détendues, signes de confiance en soi. Souvent il suffit pour cela de commencer par décrisper sa mâchoire, qui a tendance à être serrée à cause du trac. Ne vous raclez pas la gorge, mais bâillez une ou deux fois : le voile du palais se soulève tout seul et cela aide à faire sortir un bon son naturel. Essayez, sans forcer, d’émettre un son tout en bâillant. Vous serez étonné !


5. Musclez-vous

Faites régulièrement des exercices de musculation. Un manque de soutien musculaire crée de la fatigue vocale : lorsque vous ne pouvez pas solliciter correctement une partie de votre corps, par exemple, le diaphragme, vous allez compenser en mobilisant une autre partie, par exemple, votre gorge ou les cordes vocales.


N’oubliez pas que le souffle porte votre voix et votre message. Prenez-en soin !

Oxana G.